A moins de deux heures de train de Tokyo, la ville de Nikkō est un vrai havre spirituel et naturel.

Cette petite cité provinciale de 80.000 habitants abrite non seulement un ensemble magnifique de temples et sanctuaires inscrits au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, mais elle se trouve aussi flanquée de merveilles naturelles qui complètent en tout harmonie l’intérêt d’y faire un tour pour la journée, voire davantage.

L’UNESCO souligne d’ailleurs dans son rapport que le site classé de 50,8 hectares « témoigne d’une longue tradition de vénération, d’un niveau artistique très élevé, et d’une alliance remarquable entre l’architecture et le cadre naturel environnant ».

Jadis accessible par un charmant pont de bois centenaire (Shinkyo) qui a été préservé, le parc historique comprend trois principaux sites à visiter, relativement proches les uns des autres. Il s’agit, par ordre d’arrivée, du temple Rinnō-ji, et des sanctuaires shintoïstes Tōshō-gū et Futarasan.

Le plus récent est le sanctuaire Tōshō-gū, qui est l’un des sites historiques les plus importants du pays.

Tōshō-gū a été fondé en 1617 par le grand shogun Tokugawa Leyasu, qui a unifié le Japon au début du XVIIe siècle. Son architecture est remarquable par sa beauté et sa complexité, avec des sculptures et des moulures très élaborées, de magnifiques dorures entrecoupées de couleurs vives, témoignage vivace du riche héritage artistique de l’époque d’Edo.

Quelque 850 ans plus ancien, le temple Rinnō-ji se caractérise par ses impressionnantes structures en bois et sa fameuse salle des trois bouddhas, Sanbutsudō en japonais, qui abrite trois statues de 7,5 mètres de haut, chacune à l’effigie d’une divinité bouddhique.

L’histoire riche de Rinnō-ji remonte à 766, lorsqu’un moine bouddhiste l’a fait construire comme lieu de méditation et de dévotion en l’honneur de Kannon, la déesse de la compassion – cette dernière est d’ailleurs représentée par l’une des statues du Sanbutsudō.

Le site le plus éloigné sur le parcours, le sanctuaire Futarasan, est niché dans une forêt de montagne enchanteresse, ce qui lui vaut de baigner dans une atmosphère paisible et sacrée.

Fondé en 782 par le même moine à l’origine du Rinnō-ji, Futarasan est dédié aux divinités de la nature et des montagnes. Le nom « Futarasan » signifie d’ailleurs littéralement « deux montagnes », et fait référence aux montagnes locales sacrées de Nantai et Nyoho.

Il abrite également un arbre vénéré appelé « Shinboku », ce qui signifie littéralement « arbre divin ». Ce cryptomère vieux de plus de 1.000 ans est considéré comme un symbole de force et de protection.

La connexion que Futarasan entretient avec la nature et son importance dans la spiritualité shintoïste lui valent aujourd’hui une profonde affection de la part des Japonais.